vendredi, 3 septembre 2010

Pour 53% des Français, Kouchner aurait du démissionner (BVA, 1-2 septembre 2010)

Le bilan de Bernard Kouchner au gouvernement n'est pas jugé très bon, d'après le dernier sondage BVA pour la Matinale de Canal+. 57% trouvent que dans ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères il n'a pas été vraiment efficace ou pas efficace du tout, et 42% seulement qu'il a été plutôt efficace ou très efficace. Le constat est plus sévère pour les sympathisants de gauche, qui sont 67% à avoir un point de vue négatif sur l'efficacité de l'ancien ministre socialiste. 56% des sympathisants de droite l'ont eux trouvé efficace.

53% des français estiment également que Bernard Kouchner aurait du démissionner. Le ministre avait déclaré avoir été choqué par le débat sur la sécurité et les mesures d'expulsion contre les Roms et qu'il avait pensé à démissionner. 46% pensent qu'il aurait du rester, c'est donc une légère majorité en faveur de la démission. 69% des sympathisants de gauche pensent qu'il aurait du démissionner et seulement 35% des sympathisants de droite.

Voir les tableaux sur les pages de sondages sur Bernard Kouchner.

Par rapport au remaniement ministériel prévu pour octobre, 54% des français pensent que Nicolas Sarkozy n'a pas intérêt à poursuivre l'ouverture à gauche. 43% pensent le contraire. Ce sont les sympathisants de droite qui veulent le plus la fin de l'ouverture (66%), mais 51% des sympathisants de gauche partagent cette opinion également. (voir le tableau)

"Les Français et Bernard Kouchner" - Sondage réalisé par BVA pour La Matinale de Canal+. Enquête réalisée par Internet du 1 au 2 septembre 2010 avec un échantillon de 1068 personnes. Marge d'erreur: environ 3%. (Source)

jeudi, 2 septembre 2010

Baromètre Sofres - Nicolas Sarkozy à 30% de confiance (TNS Sofres/Logica, 27-30 août 2010)

Un exécutif en petite hausse

C'est le retour des vacances pour le baromètre TNS Sofres pour le Figaro, et 30% des français affirment qu'ils font confiance au président de la République pour résoudre les problèmes qui se posent en France. C'est une progression de 4 points depuis fin juin. Par ailleurs, 67% (-4%) ne lui font pas confiance.

Sur le moyen terme, Nicolas Sarkozy retrouve en fait le niveau de confiance qui était le sien en mai dernier, et il semble en fait avoir atteint un plateau depuis avril, puisqu'il oscille entre 26 et 31% de confiance depuis ce moment. On ne peut donc vraiment parler d'un regain de confiance hormis sur le très court terme (voir le graphique).

Pour François Fillon, 37% disent lui fait confiance, soit 2% de plus que début juillet, contre 56% qui ne lui font pas confiance (-5%). Là aussi, si on constate une amélioration sur le court terme, les chiffres de la confiance restent très stables pour le premier ministre qui est entre 35% et 39% de confiance depuis presque un an. (voir le graphique)

Une France toujours très pessimiste

Le baromètre TNS Sofres teste aussi le moral des français et le résultat est que 77% (-4%) des français disent que les choses ont tendance à aller plus mal, contre 8% (+1%) qui disent qu'elles ont tendance à aller mieux. Ce pessimisme généralisé n'est pas nouveau, cela fait au moins cinq ans que le nombre de personnes pensant que les choses s'améliorent n'a pas dépassé 20%, hormis pour la courte période ayant suivi l'élection de 2007. (voir le tableau)

Progression des côtes d'avenir à gauche et à droite

Les vacances ont peut-être inspiré aux Français des sentiments plus aimables envers leurs hommes et femmes politiques, puisque peu d'entre ces derniers voient baisser leur côte d'avenir (c'est-à-dire le pourcentage de gens qui souhaiteraient les voir jouer un rôle plus important dans le proche avenir). Dominique Strauss-Kahn reste toujours en tête des personnalités ayant la plus grande côte d'avenir, avec 45% (+2%), devant Martine Aubry à 44% (+3%) et Bertrand Delanoë qui, à 40% (+4%) conclut ce beau tir groupé socialiste.

Les plus grosses progressions sont cependant dans la majorité, avec (Bernard Kouchner) qui grimpe de 6% pour atteindre 38% et devenir la quatrième personnalité de ce classement. Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et le ministre de l'Identité Nationale (Eric Besson) progressent chacun de 5% pour atteindre respectivement 36% et 20%.

Cette embellie généralisée doit cependant être relativisée, puisque le sondage de fin juin avait été l'occasion de constater une baisse des côtes d'avenir aussi importante que cette hausse. Peut-être que les choses reviennent simplement un peu à la normale ce mois-ci, et que les chiffres du baromètre précédent étaient tirés vers le bas par un échantillon particulièrement négatif.

Légère dégradation de l'image des partis de gauche

Là encore, tous les trois mois, TNS Sofres s'intéresse à l'opinion qu'ont les français des grands partis. On constate que les bonnes opinions s'érodent à gauche, où les Verts perdent 3% d'opinion positives pour atteindre 52%, mais restent le seul parti dont les français ont majoritairement une opinion positive. Le Parti Socialiste enregistre 41% d'opinions positives (-2%) contre 45% négatives (+2%), tandis que l'UMP est le seul parti à voir son image s'améliorer, avec 32% (+2%) d'opinions positives (contre 54% (-3%) négatives).

"Le Baromètre Politique Figaro Magazine - Septembre 2010" - Sondage réalisé par TNS Sofres/Logica pour Le Figaro Magazine. Enquête réalisée en face-à-face du 27 au 30 août 2010 avec un échantillon de 1000 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

mercredi, 1 septembre 2010

Femmes politiques - 57% trouvent que les femmes font de la politique différemment (Ifop, 27-28 août 2010)

57% des Français trouvent que les femmes font de la politique de façon différente que les hommes, alors que 43% pensent qu'elles en font de la même façon. C'est le premier résultat de ce sondage de Ifop pour France-Soir sur la perception qu'ont les Français sur les femmes en politique.

Retrouvez les tableaux de ce sondage sur notre page de sondages sur les femmes

Ce sont principalement les femmes interrogées qui concourent à cette opinion: 67% trouvent qu'elles font de la politique différemment. Alors que pour les hommes, 54% estiment qu'elles font de la politique de la même façon.

Par ailleurs, les personnes interrogées dans ce sondage sont une très large majorité (76%) à dire qu'elles font autant confiance à une femme qu'à un homme en politique. 15% disent faire d'avantage confiance aux femmes, alors que 9% leur font moins confiance. Il n'y a pas ici de différence de perception visible selon le sexe des personnes interrogées.

"Les Français et les femmes en politique" - Sondage réalisé par Ifop pour France-Soir. Enquête réalisée par téléphone du 27 au 28 août 2010 avec un échantillon de 1005 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

Optimisme des français et confiance envers le gouvernement (Ifop, 26-27 août 2010)

L'Ifop publie depuis 1995 son baromètre sur "l'état d'esprit des français". Ce baromètre mesure tous les ans l'optimisme des français sur l'avenir et la confiance accordée au gouvernement dans plusieurs domaines. Il s'agit donc d'un outil intéressant pour regarder la société française sur une longue période.

Retrouvez ce sondage sur notre page Divers

Dans cette nouvelle édition de ce baromètre, 44% des français disent être optimistes en ce qui concerne leur avenir et celui de leurs enfants. Il s'agit d'une diminution de 11% par rapport à décembre 2009. 55% se disent pessimistes, soit 10% de plus. Ce niveau de pessimiste est n'est pas exceptionnelle dans l'histoire du baromètre: entre 2004 et 2005, la proportion de français se disant pessimistes avait bondit de 28 points pour atteindre 70%.

Pour ce qui concerne la confiance accordée au gouvernement, celui-ci recueille le plus de crédit en ce qui concerne la protection de l'environnement, 52% personnes faisant confiance au gouvernement sur ce point, contre 48% ne lui faisant pas confiance. 49% lui font confiance pour lutter contre l'insécurité, contre 51%. A l'inverse, seulement 21% (contre 79%) lui font confiance en ce qui concerne l'augmentation du pouvoir d'achat, et 20% (contre 80%) en ce qui concerne la baisse des impôts.

"L’état d’esprit des Français" - Sondage réalisé par Ifop pour Dimanche Ouest France. Enquête réalisée par téléphone du 26 au 27 août 2010 avec un échantillon de 957 personnes. Marge d'erreur: environ 3,2%. (Source)

mardi, 31 août 2010

Les premiers ministrables (Ifop, 26-27 août 2010)

A l'approche du remaniement du gouvernement promis pour octobre, les spéculations avancent sur l'identité du premier ministre au cas où François Fillon serait amené à être remplacé. Ifop a donc demandé aux français, pour trois personnalités actuelles du gouvernement, si elles feraient un bon Premier Ministre.

Retrouvez le tableau de ce sondage sur notre page Gouvernement

Aucune de ces trois personnalités (Christine Lagarde, Michèle Alliot-Marie et Jean-Louis Borloo) ne récoltent une majorité des "voix". La ministre de l'économie et la ministre de la Justice ont cependant un avantage sur le ministre de l'écologie, car elles sont considérées par respectivement 42% et 41% des sondés comme étant de potentiels bons Premiers Ministres, contre seulement 30% pour Jean-Louis Borloo.

Les sympathisants UMP accordent également plus de crédits à celles-ci (64% et 61%) qu'au troisième (40%).

"Le potentiel de différents Premiers ministrables" - Sondage réalisé par Ifop pour Sud Ouest Dimanche. Enquête réalisée par téléphone du 26 au 27 août 2010 avec un échantillon de 957 personnes. Marge d'erreur: environ 3,2%. (Source)

Roms - 53% pensent que l'Eglise ne doit pas intervenir (CSA, 24-25 août 2010)

Nous sommes un petit peu en retard, mais il faut noter ce sondage de CSA pour La Croix sur les prises de positions de l'église concernant la politique du gouvernement à l'égard des Roms.

Ce sondage a été fait avec le même échantillon que celui sur la politique d'expulsion des Roms pour le Parisien mais avec une nouvelle question portant sur l'opinion des gens sur le fait que l'Église était dans son rôle en critiquant la politique du gouvernement.

Retrouvez le tableau de ce sondage ainsi que les autres sondages sur la religion sur notre page Religions.

Le résultat de ce sondage est que 53% des français estiment que l'Église Catholique n'était pas dans son rôle, alors que 40% pensent le contraire. La principale division des sondés se fait sur le plan idéologique, comme la partie du sondage pour le Parisien le constatait déjà. Ainsi seuls 32% des sympathisants de droite estiment que la hiérarchie catholique était dans son rôle, contre 55% des sympathisants de gauche.

Mais le résultat le plus "spectaculaire" est que l'ensemble des catholiques sondés ici ne diffèrent pas de l'ensemble des français, 54% d'entre eux estimant que la hiérarchie catholique n'a pas à intervenir dans cette affaire. Les "catholiques pratiquants" sont un peu plus favorables à l'intervention du clergé, 56% d'entre eux estimant qu'il était dans son rôle.

Cet aspect des choses, présentant à première vue le peuple catholique en désaccord avec son clergé, a été repris par la presse et a été critiqué par le blogueur Koztoujours qui a soulevé plusieurs points "douteux" sur le sondage.

Il faut savoir que la plupart des instituts de sondage français ne publient pas souvent la taille des sous-échantillons (à l'exception notable de certains, comme Viavoice). Ils n'y sont du reste pas obligé par la loi, qui demande seulement que la taille de l'échantillon global soit affichée. Il faut aussi savoir que les instituts, pour savoir si un sondé en particulier est un catholique, utilisent une méthode simple: ils le lui demandent. C'est une méthode sans doute insatisfaisante, mais il parait difficile d'imaginer mieux.

Alors combien de catholiques ont répondu à cette question? Et combien de "catholiques pratiquants" ? Il est difficile de le savoir. Mais sans doute cette dernière catégorie (ceux des pratiquants) est bien peu nombreuse, et que sur un échantillon global de 1000 français, il y en a moins d'une centaine (45, estime Koztoujours à la louche, en se basant sur un sondage de l'Ifop sur les catholiques allant à la messe tous les dimanches). A ce compte-là, la marge d'erreur est énorme, et le résultat n'est vraiment pas significatif.

D'un autre côté, si l'on imagine que se disent catholiques aussi ceux qui n'ont pas fréquenté des églises depuis des années mais qui se souviennent qu'ils ont été baptisés, alors le nombre de personnes se disant "catholiques" peut être relativement élevé, sans doute bien plus élevé que d'autres sous-échantillons qu'on a l'habitude de voir dans les sondages, comme celui des sympathisants de droite (Viavoice a régulièrement des échantillons entre 200 et 300 personnes se disant de droite dans ses sondages). Un tel nombre permet d'avoir un résultat que l'on peut regarder avec une certaine confiance, à condition de garder dans la tête qu'il y a une marge d'erreur de 5 ou 6%.

Mais dans ces conditions, il faut faire attention à l'interprétation: dans cette acception large, les catholiques ne sont pas au fond très différents de la société française dans son ensemble, donc il est peu étonnant de voir que les résultats sont les mêmes. Mieux encore, si l'on suppose que les catholiques sont plus orientés à droite en général que l'ensemble des français, cela signifierait que ceux-ci ont une vue plus favorable des prises de position de l'Église que leur orientation idéologique le suggèrerait.

"La réaction des Français aux prises de position de l'Église concernant la politique de sécurité" - Sondage réalisé par CSA pour La Croix. Enquête réalisée par téléphone du 24 au 25 août 2010 avec un échantillon de 1000 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

lundi, 30 août 2010

Les enjeux prioritaires des Français (Ifop, 24-26 août 2010)

L'emploi est le plus important problème pour la France, pour 38% des Français, selon ce sondage de Ifop pour France-Soir. 22% citent le pouvoir d'achat.

Malgré la récente actualité autour des problèmes de sécurité, seuls 14% des sondés estiment que la sécurité des personnes et des biens est le problème le plus important aujourd'hui, à égalité avec les retraites. Enfin l'éducation et la recherche ainsi que l'environnement sont cités par 6% des personnes interrogées.

(Tableau)

"Les Français et l’enjeu prioritaire de la rentrée 2010" - Sondage réalisé par Ifop pour France Soir. Enquête réalisée par Internet du 24 au 26 août 2010 avec un échantillon de 1009 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

jeudi, 26 août 2010

Roms - sondage sur les expulsions (CSA, 24-25 août 2010)

48% des français sont favorables à la politique du gouvernement de reconduire en Roumanie les Roms dont les camps ont été démantelé cet été. C'est le seul résultat de ce nouveau sondage de CSA sur la question. 42% sont opposés.

Retrouvez le tableau de ce sondage sur notre page Sécurité

Le mérite de ce sondage est de montrer que les français sont divisés sur cette question, sur le plan principalement idéologique: seuls 29% des sympathisants de gauche sont en faveur de ces expulsions, alors que 61% y sont opposés. 70% des sympathisants de droite y sont favorables.

Le CSA précise que 83% des sympathisants du Front National sont également favorables aux reconduites des roms en Roumanie. Traditionnellement cependant, les sympathisants du Front National ne sont pas un échantillon énorme, donc il est probable qu'il y ait une forte marge d'erreur autour de ce chiffre. Le résultat est cependant cohérent avec les politiques proposées par le parti d'extrême-droite.

"L'attitude des Français à l'égard des reconduites à la frontière de Roms" - Sondage réalisé par CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France. Enquête réalisée par téléphone du 24 au 25 août 2010 avec un échantillon de 1000 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

Présidentielle 2012 - Strauss-Kahn et Aubry battraient Sarkozy (TNS Sofres, 20-21 août 2010)

Dominique Strauss-Kahn est le mieux placé des possibles candidats socialistes à l'élection présidentielle pour l'emporter face à Nicolas Sarkozy en 2012. C'est l'enseignement du premier sondage d'intentions de vote réalisé par TNS Sofres. Des quatre candidats testés (Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn), c'est le directeur du FMI qui l'emporterait avec la plus grande marge sur le président sortant, avec 59% contre 41%, un écart largement au-delà de la marge d'erreur.

Retrouvez ce sondage en entier et en détail sur notre page sur la présidentielle de 2012

L'ancien ministre de l'économie du gouvernement Jospin serait aussi celui qui capitaliserait le plus de voix au premier tour de l'élection, avec 25%, alors que le candidat de l'UMP ferait 26%.

Martine Aubry,elle, rassemblerait 22% des suffrages contre 28% pour Nicolas Sarkozy. Au deuxième tour, elle le battrait avec 53% des voix contre 47%.

Ségolène Royal et François Hollande, quand à eux, font des scores relativement équivalents, avec 16% des voix au premier tour. Au deuxième tour, l'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste ferait 50%, alors que la candidate malheureuse ferait 49%.

Encore une fois, nous sommes encore en août 2010, et l'élection présidentielle se déroulera en avril 2012. Je crois qu'il faut encore garder cela à l'esprit après lecture de ces chiffres. Il peut se passer beaucoup de choses dans l'environnement politique d'ici le début de l'année 2012, en particulier sur le plan économique.

Enfin, il ne faut pas que les bonnes perspectives du Parti Socialiste occultent d'autres résultats importants:

  • Marine Le Pen fait 13% des voix au premier tour, dans toutes les configurations possibles, sauf 12% avec Dominique Strauss-Kahn candidat. Ce score est en ligne avec ceux atteint dans d'autres sondage sur la présidentielle jusqu'ici. Ce score élevé n'est que 3% derrière ceux de François Hollande et Ségolène Royal.
  • Eva Joly est créditée de scores relativement élevés, de 9% à 12%, renforçant la présence de Europe Écologie dans le paysage politique français.
  • François Bayrou et Dominique de Villepin font des scores entre 6% et 8%, selon les configurations. Hervé Morin, coincé au centre-droit du paysage politique ne récolte pas plus que 2% d'intentions de vote.
  • A l'extrême-gauche et à la "gauche de la gauche", Olivier Besancenot prend l'ascendant sur Jean-Luc Mélenchon et la peu connue Nathalie Arthaud, avec des scores entre 7% et 9%. Le total des voix de ces trois candidats est à leur maximum dans le cas où Dominique Strauss-Kahn est candidat, avec 15% des voix, contre 12% si Martine Aubry est candidate.

De manière générale, on constate un grand éparpillement des voix avec beaucoup de candidats qui font des scores entre 5% et 10%, alors que les deux candidats en tête ne dépassent jamais les 51% à eux deux, alors qu'en 2007 Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient recueilli ensemble environ 57% des voix au premier tour. Il est cependant trop tôt pour agiter le spectre de 2002, les choses ont encore le temps de changer.

"Intentions de vote présidentielle 2012" - Sondage réalisé par TNS Sofres pour Logica/Le Nouvel Observateur. Enquête réalisée par téléphone du 20 au 21 août 2010 avec un échantillon de 1000 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

Présidentielle 2012 - 57% pensent que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu (Ipsos, 20-21 août 2010)

35% (+2%) des Français souhaitent que Nicolas Sarkozy se représente à l'élection présidentielle de 2012. C'est le premier résultat de ce sondage un peu fourre-tout de Ipsos. 62% (+4%) ne le souhaitent pas, et 42% (+4%) ne le "souhaitent vraiment pas". Ces chiffres, qui ne changent pas énormément par rapport à ceux établis en mars lors des élections régionales, montrent une forte opposition au chef de l'Etat, à moins de deux ans maintenant de l'élection présidentielle. Cependant, il reste encore du temps avant celle-ci, et ces chiffres ne peuvent pas vraiment servir à établir un pronostic sur ce qui se passera en 2012. (Retrouvez le tableau des questions sur nos page de sondages sur la présidentielle et de sondages sur Nicolas Sarkozy).

Toujours sur le thème de l'élection présidentielle, 57% pensent que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu s'il se représentait. 38% ont une opinion contraire.

Dans la perspective du remaniement gouvernemental d'octobre, 36% seulement voudraient que le premier ministre soit remplacé, alors que 54% préfèreraient qu'il reste. Mais si Nicolas Sarkozy décidait de changer la tête de son gouvernement, les français semblent plutôt partagé sur le remplaçant de François Fillon: 17% citent Christine Lagarde et Alain Juppé, 16% Michèle Alliot-Marie et 15% Jean-Louis Borloo. Brice Hortefeux et Jean-François Copé suivent à seulement 8%. (tableaux sur notre page de sondages sur le Gouvernement).

Enfin, 44% font confiance à Nicolas Sarkozy pour lutter contre l'insécurité, 55% ne lui font pas confiance. (tableaux).

"Le remaniement ministériel et la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy" - Sondage réalisé par Ipsos pour Le Point. Enquête réalisée par téléphone du 20 au 21 août 2010 avec un échantillon de 948 personnes. Marge d'erreur: environ 3,2%. (Source)

lundi, 23 août 2010

Baromètre Viavoice - sarkozy fillon parti socialiste (ViaVoice, 18-20 août 2010)

L'exécutif dans un état stable

34% (-1%) des français ont une opinion positive de Nicolas Sarkozy, selon le baromètre d'août de Viavoice pour Libération. Le nombre de personnes ayant une opinion négative du président reste à 63% comme le mois dernier. Le chef de l'exécutif se maintient donc à son plus bas niveau dans le baromètre Viavoice depuis l'élection de 2007, et on ne remarque pas de mouvement particulier de l'opinion suite aux récents débats sur la politique de sécurité du gouvernement.

François Fillon gagne lui 2% d'opinions positives, à 48% et c'est le même nombre de gens qui expriment une opinion négative. Le chef du gouvernement reste peu ou prou au même niveau de popularité depuis mars dernier et ne semble atteint ni par le climat politique ni par quoi que ce soit d'autre, en fait.

Une gauche bien placée pour la présidentielle ?

Parmi les personnalités de la gauche et du centre, c'est aujourd'hui Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn qui sont les plus populaires avec 58% d'opinions positives. Le maire de Paris est stable, tandis que le directeur du FMI gagne 4% par rapport au mois dernier, ce qui suggère que la baisse de juillet était soit une variation passagère, soit une petite déviation statistique qui ne signifiait rien. Martine Aubry suit à 51% (+2%).

55% des français souhaiteraient également que la gauche gagne la prochaine élection présidentielle. Il s'agit d'une progression de 5% et un résultat qui a été remarqué et commenté par la presse. Il faut quand même le contextualiser. D'abord ce chiffre était aussi élevé en février, quelques semaines avant les régionales, donc il ne s'agit pas d'un engouement soudain, mais de quelque chose qui date quand même d'au moins 6 mois. Ensuite, 50% "estiment" que la gauche gagnerait l'élection aujourd'hui, soit une baisse de 9% par rapport à mars (mais une hausse de 8% par rapport à février). Pourquoi est-ce que le souhait de victoire de la gauche gagne du terrain tandis que le pronostic de cette victoire recule? On peut seulement faire des hypothèses, aujourd'hui, vis-à-vis de cette question.

Enfin, si 36% pensent que la gauche ferait mieux que la droite si elle était au pouvoir, 57% pensent qu'elle ne ferait pas mieux. J'avoue que je reste sur ma faim devant un tel sondage, qui ne distingue pas entre ceux qui estiment que la droite ferait mieux que la gauche et ceux qui estiment que ni l'un ni l'autre ne ferait mieux.

Enfin, le Parti Socialiste et ses dirigeants suscitent plus de confiance des sondés que la majorité et Nicolas Sarkozy sur les enjeux des retraites (50% contre 29%), l'emploi (49% contre 27%) et la morale politique (44% contre 23%). Le président et l'UMP restent cependant plus crédibles sur la sécurité (34% contre 43%).

Retrouvez ces questions sur notre page de sondages sur le Parti Socialiste.

"Baromètre Viavoice - Libération" - Sondage réalisé par ViaVoice pour Libération. Enquête réalisée par téléphone du 18 au 20 août 2010 avec un échantillon de 1003 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

Parti Socialiste - L'image du parti s'améliore au près des français (Ifop, 19-20 août 2010)

49% des français estiment que le Parti Socialiste est proche de leur préoccupation, selon le nouveau sondage de Ifop sur l'image du Parti Socialiste. 51% sont d'un avis contraire. 51% des sondés estiment qu'il s'oppose suffisamment au gouvernement (48% sont en désaccord). 39% estiment qu'il a des dirigeants de qualité et 34% qu'il a un projet pour la France.

Ces chiffres dénotent un certain progrès par rapport à un sondage équivalent réalisé en août 2009, après la débâcle des élections européennes, et sont à peu près les mêmes que ceux d'un sondage réalisé en mars 2009 avant cette même débâcle.

Retrouvez les tableaux sur notre page de sondages sur le Parti Socialiste.

Dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012, le patron du FMI Dominique Strauss-Kahn est désigné par 30% des sondés et 34% des sympathisants socialistes comme la personne qu'ils souhaiteraient voir désignée comme candidat du Parti Socialiste. Martine Aubry est préférée par 13% (24% des sympathisants socialistes) et Ségolène Royal par 8% (13% des sympathisants). (voir le tableau complet).

Enfin, 50% des français se disent plutôt satisfaits de la façon dont Martine Aubry dirige le Parti Socialiste, contre 47% qui se déclarent plutôt mécontents. Cette satisfaction est partagée par 69% des sympathisants, chez qui seuls 29% se déclarent plutôt mécontents. C'est les meilleurs chiffres obtenus par la Maire de Lille depuis son accession à la tête du parti.

"L’image du Parti Socialiste auprès des Français" - Sondage réalisé par Ifop pour Dimanche Ouest France. Enquête réalisée par téléphone du 19 au 20 août 2010 avec un échantillon de 1005 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

Baromètre Ipsos - 34% jugent favorablement l'action de Nicolas Sarkozy (-1%) (Ipsos, 20-21 août 2010)

34% (-1%) jugent favorablement l'action de Nicolas Sarkozy (graphique), d'après l'édition d'août du baromètre politique d'Ipsos. 63% (+2%) se déclarent défavorables à son action. Cette baisse relative de popularité n'est pas spécialement significative. Le jugement des français sur l'action du Président de la République reste dans les mêmes eaux basses dans ce baromètre, entre 32 et 36% depuis les Régionales. On est donc proche ici encore du record de jugement favorables (32%) et défavorables (65%) qui avaient été constaté en mars.

Pour le Premier Ministre François Fillon, 43% (-1%) se déclarent favorables à son action, contre 50% (+1%) qui se disent défavorables (graphique). Si la baisse n'est pas non plus significative, le locataire de l'hôtel Matignon se trouve sur une pente descendante depuis mai (-6%).

Parmi les autres personnalités politiques, c'est Dominique Strauss-Kahn, qui recueille le plus de jugements favorables sur son action avec 58% (=) (graphique). Le patron du FMI est resté sur ce chiffre exact depuis mai, hormis une pointe à 65% en juin qui était probablement une donnée aberrante. Bertrand Delanoë le suit quand même de peu à 57% (-1%) (graphique). Et Jack Lang (graphique) et Bernard Kouchner (graphique) terminent au pied de cette espèce de podium avec 54% . L'ancien ministre de l'Education signant par là-même la plus forte hausse du baromètre (+5%), tandis que le ministre des Affaires Etrangère gagne 4%.

A droite encore, Rama Yade récolte 53% (+1%) de jugements favorables (graphique), et Rachida Dati 39% (+5%) (graphique), plus forte hausse à égalité avec Jack Lang. La plus forte baisse est celle de Hervé Morin, qui tombe à 28% (-5%) (graphique|/sondages/Popularit%C3%A9/Herv%C3%A9%20Morin#poll625]).

"Baromètre politique Ipsos/le Point" - Sondage réalisé par Ipsos pour le Point. Enquête réalisée par téléphone du 20 au 21 août 2010 avec un échantillon de 948 personnes. Marge d'erreur: environ 3,2%. (Source)

Baromètre - 36% satisfaits de Nicolas Sarkozy (+2%) (Ifop, 19-20 août 2010)

C'est le retour des baromètres, avec pas moins de trois sondages pour marquer la fin des vacances. Le premier auquel nous nous consacrons est celui de Ifop pour le Journal du Dimanche.

36% (+2%) des sondés se déclarent satisfaits de Nicolas Sarkozy comme président de la République, contre 64% (-2%) de mécontents (graphique). Cette hausse depuis juillet n'est pas significative statistiquement, mais elle s'inscrit dans une remontée régulière du locataire de l'Elysée dans ce baromètre-ci, pour lequel il a gagné 6% de satisfaction depuis le lendemain des régionales en mars, et ça c'est significatif.

53% (+2%) se déclarent également satisfaits de François Fillon comme Premier ministre, contre 46% (-1%) de mécontents (graphique). Ces chiffres s'inscrivent dans la continuité des précédents: cela fait depuis Juin 2009 que Ifop enregistre la satisfaction envers François Fillon entre 50 et 53%, et il ne semble pas que les événements aient vraiment une influence significative sur sa côte de popularité.

"Les indices de popularité - Août 2010" - Sondage réalisé par Ifop pour Le Journal du Dimanche. Enquête réalisée par téléphone du 19 au 20 août 2010 avec un échantillon de 964 personnes. Marge d'erreur: environ 3,2%. (Source)

vendredi, 20 août 2010

Santé, Drogues - 53% en faveur des salles de consommation de drogues (Ifop, 17-19 août 2010)

Le débat continue sur l'autorisation des "salles de shoot", ces salles où les consommateurs de drogues dures viendraient consommer sous un contrôle médical et sanitaire. Après que le Premier Ministre François Fillon ait affirmé son opposition le 11 août dernier, les associations qui défendent l'ouverture des salles sont venus plaider leur cause ce jeudi 19. Pendant ce temps-là, les français étaient sondés par l'Ifop sur leur opinion à ce sujet.

Retrouvez ce sondage sur nos pages Drogues et Santé

Le sondage montre une population divisée sur le sujet: si 53% des sondés sont en faveur de l'ouverture de lieux de ce genre en France, 47% y sont opposés, 24% y sont même très opposés. Le clivage semble relativement se faire sur une ligne idéologique: les sympathisants de gauche sont 67% à être favorables à la proposition, contre seulement 42% des sympathisants de droite, qui y sont défavorables à 58% (37% très défavorables).

"Les Français et les salles de consommation de drogue" - Sondage réalisé par Ifop pour La Lettre de l’Opinion. Enquête réalisée par Internet du 17 au 19 août 2010 avec un échantillon de 1007 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

vendredi, 13 août 2010

Insécurité, 3ème partie - Les Français jugent inefficace la politique de sécurité depuis 2002 (CSA, 11 août 2010)

Voici donc le troisième temps de la polémique sur la politique sécuritaire de l'exécutif, vue à travers les sondages. Ce sondage, réalisé une semaine après les précédents, a été fait à nouveau par CSA, mais cette fois pour Marianne, et avec un élargissement du débat par rapport aux questions qui se sont posées jusqu'ici.

Vous pouvez voir le détail de ce sondage sous forme de tableaux sur notre page Sécurité.

Un tableau négatif de la politique de sécurité de la droite

Ainsi, ce sondage nous apprend que 69% des français jugent plutôt inefficace la politique de sécurité intérieure depuis 8 années, c'est-à-dire depuis 2002. 27% la jugent plutôt efficace. Les sympathisants de droite sont plus divisés que l'ensemble de la population, trouvant à 45% que cette politique est efficace, contre 53% inefficace. Les sympathisants de gauche sont globalement sur la même ligne que l'ensemble des français, 72% jugeant la politique sécuritaire inefficace, 25% efficace.

Sur les points précis des questions sécuritaires, les atteintes aux biens sont le domaine pour lequel l'action sécuritaire est jugée la plus efficace, mais seulement pour 32% des répondants. Suivent les atteintes aux personnes (27%), la délinquance financière (18%) et les violences urbaines (18%). Les sympathisants de droite continuent à être plus positifs que l'ensemble de la population, sans pour autant trouver majoritairement efficace l'action du gouvernement dans aucun de ces domaines.

La société et la politique de sécurité d'avantage mise en cause que l'immigration

Interrogée sur les causes possibles de l'augmentation de la délinquance ces dernières années, 73% mettent en avant les inégalités sociales devant la suppression de la police de proximité (68%), l'incivilité des citoyens (68%) et la réduction du nombre de policier (66%) et bien avant l'immigration (47%, contre 49% qui jugent qu'elle n'a plutôt pas contribué à l'augmentation de la délinquance).

Le diagnostic sur la responsabilité de l'insécurité est cependant encore différent entre les sympathisants de gauche et de droite. Pour les sympathisants de droite, toutes ces causes sont relativement également impliquées dans les problèmes sécuritaires, avec une mention pour l'incivilité des citoyens (71%), alors qu'ils ne jugent "que" à 61% que l'immigration y a contribué. Pour les sympathisants de gauche, sans surprise, les inégalités sociales sont montrées du doigt (81%), ainsi que la suppression de police de proximité (78%), laquelle police de proximité était la principale mesure de sécurité de gauche des années Jospin. 33% des sympathisants de gauche estiment que l'immigration a contribué à la dégradation de la situation, ce qui est le seul point où il y a véritablement une opposition avec les sympathisants de droite.

Les sondés divisés devant l'idée de retrait de la nationalité

CSA en vient finalement à l'une des mesures polémiques proposées par Nicolas Sarkozy: le retrait de la nationalité pour les personnes d'origine étrangère ayant volontairement porté atteinte à la vie d'un membre des forces de l'ordre ou d'autres crimes graves. Au lieu de demander simplement aux sondés s'ils sont "favorables" ou "opposés" à la mesure, comme le fait Ifop, ou de leur demander s'ils la trouvent "efficace" ou "nécessaire", comme lors du premier sondage CSA, les sondés se voient ici proposer un argumentaire en faveur de la proposition et à un argumentaire en défaveur de celle-ci.

Ainsi, 51% des français se disent défavorables à la mesure parce que "tous les Français doivent être égaux devant la loi quelle que soit leur origine", tandis que 46% se disent favorables parce que "l’acquisition de la nationalité doit être remise en cause en cas d’acte grave". Une courte majorité en défaveur de la proposition, donc.

Dans ce sondage, la séparation se fait au niveau idéologique: les sympathisants de gauche sont très majoritairement défavorables à la mesure (à 63%), alors que les sympathisants de droite sont très majoritairement favorables (à 69%).

Ensuite, sur la question de la nationalité, 66% des sondés estiment qu'une personne qui s'exile pour ne pas payer d'impôts en France ne mérite pas la nationalité française. Une opinion partagée quel que soit le bord politique des sondés.

Enfin, 75% des Français sont d'accord pour dire que les Français d'origine étrangère sont des "Français à part entière". Pourcentage qui monte à 83% chez les sympathisants de gauche, et descend à 70% chez les sympathisants de droite.

Un sondage imparfait également

Est-ce le dernier mot des instituts de sondages sur cette question? Je ne sais pas, et je ne crois pas que ce sondage, qui contredit certes largement les résultats de l'Ifop, doit conduire à jeter aux orties ces résultats très favorables. Car si le sondage de l'Ifop souffre de plusieurs problèmes, exposés dans cet intéressant article de rue89, mais dont on ne peut malheureusement mesurer l'importance, ce dernier sondage de CSA n'est pas parfait non plus.

En effet, l'une des choses délicates pour le créateur de sondages est l'ordre dans lequel les questions sont posées aux sondés. Ici, si l'on suppose que les questions ont bien été exprimées dans l'ordre présenté dans le rapport du sondage, cela veut dire que le sondage commence par une question sur le bilan de la droite en matière de sécurité (et non pas le bilan de tous les gouvernements de droite ou de gauche sur la question depuis plusieurs décennies, ce qui aurait pu être plus neutre). Ce parti pris de CSA ferait se rappeler aux sondés leur propre sentiments négatifs devant la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy. Il est possible que cela conduise plus de sondés à être moins indulgents face à une proposition de l'exécutif dans ce domaine.

L'effet de l'ordre des questions sur les résultats d'un sondage est bien connu et était apparu dans certains débats aux États-Unis ces dernières années (par exemple en 2009 dans le débat sur la réforme de la Santé, voir également cet intéressante démonstration du phénomène, en anglais), et peut avoir des conséquences dramatiques en terme de résultats.

Bien sûr, si on peut supposer que l'ordre des questions est bien celui affiché dans le sondage, ce n'est pas vraiment certain. Dans l'attente d'une confirmation de CSA sur l'ordre des questions posées, on pourra accorder le bénéfice du doute à l'institut de sondage.

Un autre problème est que lorsque CSA demande aux sondés quelles sont les éléments qui ont contribué à l'augmentation de la délinquance ces dernières années, ils font passer de manière plus ou moins subliminale une information qui est que la délinquance aurait augmenté! Pourtant, si les affirmations du Ministère de l'Intérieur depuis 2002, selon lesquelles la délinquance est en recul, sont sujettes à débat, on voit ici l'institut prendre parti et conforter le sondé dans le tableau négatif qu'il se ferait de la politique de sécurité du gouvernement.

Retrouvez tous les sondages sur la Sécurité sur notre page Sécurité

"L'Opinion des Français sur la Politique de Sécurité Intérieure" - Sondage réalisé par CSA pour Marianne. Enquête réalisée par téléphone le 11 août 2010 avec un échantillon de 1021 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

lundi, 9 août 2010

Baromètre politique: Nicolas Sarkozy à 34% de confiance (CSA, 4-5 août 2010)

Les baromètres se faisant rares pendant l'été, il faut rendre hommage à CSA qui continue à sonder les Français pendant que tout le monde est à la plage.

Cette nouvelle édition du baromètre survient pendant que l'actualité est chargée (surchargée) des polémiques sur la sécurité et les affaires. Elle ne contient cependant pas dans ses résultats d'éléments montrant un changement de l'opinion vis-à-vis des deux têtes de l'exécutif.

Ainsi, les personnes disant faire confiance à Nicolas Sarkozy pour affronter efficacement les problèmes qui se posent en France" sont au nombre de 34%, soit 2% de plus qu'en juillet. Ceux qui ne lui font pas confiance sont au nombre de 61% (-1%). Ces petits mouvements ne constituent cependant pas vraiment une bonne nouvelle pour le Président de la République, qui ne fait qu'annuler les pertes du mois précédent, où il avait atteint son plus bas score de toute sa mandature. Le locataire de l'Élysée oscille donc autour des 34% de confiance depuis début mars.

Pour François Fillon, 40%, lui font confiance, contre 54% qui ne lui font pas confiance, des chiffres égaux au mois dernier. Le Premier Ministre reste d'une remarquable stabilité, les chiffres étant dans les mêmes eaux depuis maintenant plus de deux ans.

"Le baromètre de confiance de l'exécutif - Août 2010" - Sondage réalisé par CSA pour Le Parisien et Aujourd'hui en France. Enquête réalisée par téléphone du 4 au 5 août 2010 avec un échantillon de 1011 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

samedi, 7 août 2010

Téléchargement - Sondage sur l'efficacité de la loi Hadopi (Ifop, 1-2 juillet 2010)

Ifop a publié vendredi une étude pour le SNEP sur l'attitude déclarée des français vis-à-vis de la dissuasion que constituerait certaine dispositions de la loi Hadopi. Le SNEP, c'est le Syndicat National de l'Edition Phonographique, qui défend les intérêts de l'industrie française du disque et qui a milité en faveur de la loi Hadopi.

Retrouvez ce sondage sur notre page des sondages en rapport avec Internet.

Les chiffres

Dans ce sondage, Ifop a demandé aux personnes interrogées leur réaction si elles se trouvaient dans une situation hypothétique qui leur ferait encourir les foudres de la nouvelle autorité de régulation Hadopi. Ainsi, 69% déclarent que, s'ils avaient l'habitude de télécharger illégalement des contenus sur Internet, le fait de risquer la suspension de l'abonnement sur Internet ou une amende de 1500 euros les ferait renoncer à cette pratique. 77% affirment également que s'ils risquaient la suspension de leur abonnement, ils seraient prêts à surveiller l'usage fait de la connexion Internet par leurs enfants ou leurs proches. De même, le fait de recevoir des mails si des téléchargements illégaux ont lieu inciteraient 66% des sondés à se tourner vers les sites de téléchargements illégaux.

Cependant, 46% des Français de l'échantillon déclarent également qu'ils trouveraient plus efficace de filtrer les sites illégaux contre 31% qui pensent plus efficaces la démarche pédagogique de la loi Hadopi avec l'envoi de mails d'avertissements, et 21% une sanction judiciaire en cas de téléchargement illégal.

Enfin, ils sont 69% à estimer que des offres d'abonnements à des services de musique légaux à moins de 10 euros par mois contribueraient fortement à limiter les pratiques de téléchargement illégal, contre 31% qui ne le pensent pas.

Une conclusion aventureuse

L'Ifop conclut son étude par un lapidaire "Les dispositions d’Hadopi conservent un réel pouvoir de dissuasion amené à impacter les comportements à l’égard du téléchargement". Cela me parait un peu osé de tirer une conclusion au simple vu des résultats du sondage. La principale objection que l'on pourrait faire est que ce sondage interrogeait tous les français et non pas la proportion de celle-ci qui télécharge effectivement. Un sondage d'Ipsos montraient qu'en 2008, seuls 21% des Français déclaraient avoir déjà téléchargé de la musique illégalement. Les 69% qui déclarent que, mis dans l'hypothèse où ils auraient fait quelque chose d'illégal, le fait de risquer la suspension de leur abonnement les feraient renoncer, n'auraient peut-être jamais téléchargé illégalement de toute manière. L'Ifop concède que le nombre de gens qui déclarent qu'ils ne renonceraient pas à télécharger illégalement est plus élevé (40%) chez les 15-24 ans (chez qui le taux de "téléchargeurs" est supposé plus élevé), ce qui semble montrer que l'effet de dissuasion est moindre chez ceux sur qui elle est supposé s'exercer.

D'autres questions sont d'interprétation difficile: si 77% disent qu'ils seraient prêts à surveiller l'usage fait de leur connexion Internet par des tiers dans le cas où ils risqueraient la suspension de l'abonnement, combien d'entre eux le font déjà sans la menace d'une telle sanction, ou même simplement pensent qu'elles devraient le faire? Peut-être une bonne partie d'entre eux se sentent déjà concernés par ce que leur enfant fait sur Internet, et les rencontres qu'ils y font, bien avant de se préoccuper de la source des MP3 qui arrivent sur le disque dur.

Enfin, on pourra critiquer l'utilisation de termes positifs tels que celle consistant à qualifier l'envoi de mails d'avertissement au coeur du dispositif Hadopi comme étant une démarche "pédagogique", ce qui est un peu loin du soucis de neutralité que doit garder le sondeur quand il conçoit ses questions et ses réponses.

En tout état de cause, l'effet de la loi Hadopi semble difficilement mesuré à travers ce sondage.

"Les Français et le téléchargement illégal" - Sondage réalisé par Ifop pour SNEP. Enquête réalisée par téléphone du 1 au 2 juillet 2010 avec un échantillon de 1058 personnes. Marge d'erreur: environ 3%. (Source)

vendredi, 6 août 2010

Insécurité, 2ème partie - Les Français divisés sur l'expulsion des Roms et le retrait de la nationalité française (CSA, 4-5 août 2010)

Après notre première partie consacrée au sondage d'Ifop pour le Figaro qui montrait un fort soutien pour les mesures annoncées par le gouvernement sur la sécurité, intéressons-nous au sondage de CSA paru le même jour et ayant eu un écho apparemment un peu moindre dans les médias.

Le sondage de CSA se concentre seulement sur deux mesures, parmi toutes celles annoncées, celle concernant le "démantèlement rapide de 300 campements illégaux et des reconduites à la frontière quasi-immédiates pour les Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou des fraudes", et celle concernant le "retrait de la nationalité française à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique". Ces deux mesures, rappelons-le, sont vues favorablement par respectivement 79% et 70% des Français, selon l'Ifop.

Vous pouvez retrouver ce sondage en entier et détaillé sur notre page de sondages sur la Sécurité et l'Insécurité.

Mais le sondage de CSA ne demande pas aux sondés s'ils sont favorables à cette mesure, mais plutôt si elles les trouvent nécessaires, justes, discriminantes, urgentes, efficaces, ou conformes à l'idée que les sondés se font de l'intégration en France. Et si 62% des français trouvent la mesures d'expulsion dirigées vers les Roms nécessaires, ils sont 56% à les trouver justes, 54% discriminantes, 51% urgentes, 47% efficaces et 46% conformes à l'idée qu'ils se font de l'intégration. Cela montre une opinion beaucoup plus contrastée que celle que dépeint l'Ifop. Dans le détail, on constate en fait un grand clivage entre les sympathisants de gauche et de droite sur ces questions. Ansi ils sont 78% des sympathisants de droite à trouver cette mesure urgente, contre 31% des sympathisants de gauche, soit une différence de 47%. Le sondage de l'Ifop montrait également une différence, mais beaucoup moins prononcées, surtout sur les mesures les plus plébiscitées.

Pour ce qui est de la mesure concernant le retrait de la nationalité pour les criminels d'origine étrangère ayant attaqué des forces de l'ordre, 57% la trouvent nécessaire, 55% discriminante, 53% juste, 52% urgente, 50% conforme à l'idée qu'ils se font de l'intégration et 48% efficace. Là encore, le clivage idéologique est significatif, 76% des sympathisants de droite estimant que cette mesure serait efficace pour lutter contre l'insécurité contre 29% des sympathisants de gauche, soit une différence de 47%.

Comment expliquer une telle différence entre les sondages de l'Ifop et de CSA? Cela sera peut-être le sujet d'une troisième partie de cette série, si un autre sondage ne survient pas d'ici là dans l'actualité.

"La perception par les français des mesures annoncees concernant les gens du voyage et la decheance de la nationalite française" - Sondage réalisé par CSA pour L'Humanité. Enquête réalisée par téléphone du 4 au 5 août 2010 avec un échantillon de 1011 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

Insécurité, 1ère partie - Les Français très majoritairement favorables aux mesures annoncées par l'exécutif (Ifop, 3-5 août 2010)

Après les quelques événements spectaculaires sur les questions de sécurité qui ont surgit en France ces derniers temps, et la réponse du gouvernement par l'annonce de nouvelles mesures de sécurité, il fallait s'attendre, même en cette période estivale, à de nouveaux sondages sur les questions de sécurité et d'insécurité. C'est chose faite aujourd'hui, avec un sondage pour Ifop pour le Figaro, suivi d'un autre de CSA pour l'Humanité.

Intéressons-nous d'abord à celui de Ifop pour le Figaro, qui semble montrer une large adhésion de la population aux mesures annoncées.

Vous pouvez retrouver le sondage dans son entièreté sur notre page de sondages sur la Sécurité et l'Insécurité.

Ainsi la mesure la plus appréciée seraient celle consistant à contrôler par bracelet électronique les délinquants multirécidivistes pendant plusieurs années après la fin de leurs peine, à laquelle 89% seraient favorables, et seulement 11% défavorables. La moins populaire mais néanmoins majoritaire serait celle consistant à ajouter une condamnation de deux ans de prison aux parents de mineurs délinquants qui ne respecteraient pas les injonctions de la justice comme l'interdiction de fréquenter certains lieux ou personnes (55% favorables, 45% défavorables).

Pour les autres mesures, la grande majorité des sondés s'en dit favorable:

  • 80% sont favorables au retrait de la nationalité française aux ressortissants d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’incitation à l’excision, 20% défavorables. 52% sont même très favorables à cette mesure.
  • 80% sont favorables à l’instauration d’une peine incompressible de 30 ans de prison pour les assassins de policiers et de gendarmes, 20% défavorables.
  • 79% sont favorables au démantèlement des camps illégaux de Roms, 21% sont défavorables.
  • 70% sont favorables au retrait de la nationalité française pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme, 30% sont défavorables.
  • 67% sont favorables à la mise en place de 60000 caméras de vidéo surveillance d’ici à 2012, 33% sont défavorables.

Ce soutien apparent et presque massif des Français aux mesures du gouvernement doit être à relativiser, puisque un autre sondage, le même jour, semble dépeindre une autre situation de l'opinion, en posant des questions sensiblement différentes, celui de CSA que vous pouvez consulter dans notre deuxième billet.

"Les jugements sur les mesures de lutte contre l’insécurité" - Sondage réalisé par Ifop pour Le Figaro. Enquête réalisée par Internet du 3 au 5 août 2010 avec un échantillon de 1003 personnes. Marge d'erreur: environ 3,1%. (Source)

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